Spazuk : Chant libre

Steven Spazuk, artiste de la suie, expose sa nouvelle collection Chant libre à la Galerie Lounge TD de Montréal, du 18 février au 15 mai 2016.

Au cœur de la planète jazz de Montréal, Steven Spazuk donne le chant libre aux oiseaux. Il veut qu’ils reviennent nous faire des trilles, des solos, des impros, des symphonies à l’aube, des ballades la nuit.

Aujourd’hui, on entend moins le chant des oiseaux. Leurs aires rétrécissent. Leur air se raréfie.

Steven Spazuk sonne l’alarme. Il habite au bord d’un lac au Québec. Il voit les oiseaux tisser son paysage au fil des saisons. Il en voit moins, de moins en moins. Il s’inquiète. Où sont passées les hirondelles perchées sur les fils avant le grand départ ? Et si disparaissaient les bernaches dans leur grand V du voyage ?

L’humain prédateur infecte les insectes, brouille les pistes des saisons, saccage les chemins de migrations. Le cupide stupide scie la branche sur laquelle il est assis.GlassHORN_LR copy

Chant libre donne aux oiseaux l’instrument et le micro pour qu’ils émettent leur bémol, haut et fort.

Dans l’article Steven Spazuk : Peindre avec le feu, Latitudes vous présentait cet artiste qui fait jaillir la beauté du côté obscur de la suie. La flamme de sa chandelle caresse une surface pour faire émerger des espaces aléatoires, effleurés ou appuyés, du gris le plus furtif au noir le plus affirmé. Sa main navigue en impro dans le flou et le fluide. Une fois la chandelle soufflée, son geste s’aiguise. Au bout de ses doigts apparaissent le grattoir, la pointe, le pinceau, la plume d’oiseau.Steve_plume

Steven devient orfèvre dans un moment suspendu d’extrême minutie. La suie est fragile, volatile. Chaque oiseau est un joyau. Il peint ses plumes avec des plumes. Un effleurement sur la gorge où le duvet est plus fin. Un soupçon de grattoir pour ciseler le bec. Une pointe d’aiguille pour placer le reflet de l’œil. Souvent, la touche est minimale, car la flamme a déjà esquissé les volutes du plumage. Les oiseaux de Chant libre sont d’un figuratif quasi documentaire. Est-il peintre animalier ? Surtout pas. « Un peintre animalier rend hommage à la nature en reproduisant sa beauté. Je rends hommage à la nature en conscientisant les gens à sa beauté. » Il sait qu’un ornithologue puriste sourcillerait devant ses « hybrides » en lui pardonnant, bien sûr : l’artiste peut s’envoler en toute liberté.saxophone&chickadee

Par leur chant, les oiseaux témoignent que la chaîne de la vie sur terre vibre toujours en harmonie. Notre paysage sonore serait un désert si disparaissaient les oiseaux.

Steven Spazuk nous interpelle : donnons le chant libre, le champ libre aux oiseaux.


Exposition Chant libre

Galerie Lounge TD – Maison du Festival Rio Tinto Alcan

305, rue Sainte-Catherine Ouest, 2e étage,   Montréal

Exposition : 18 février au 15 mai 2016

Performance : 27 février. Nuit blanche du Festival Montréal en lumière


 

Steven Spazuk, artiste montréalais, a exploré la grande palette des arts graphiques : publicité, design graphique, scénographie. Depuis 1994, la peinture l’habite. Depuis 2002, une flamme l’anime. Celle de sa chandelle pinceau qui lui a révélé le côté lumineux de la suie. Steven Spazuk a exposé et performé à Montréal, Toronto, New York, Milan, Berlin, Florence, Osaka et Stavanger (Norvège).

spazuk.com

SpazukVideoSpazuk : Fire Painter

 

texte © Michel Lopez     images © Steven Spazuk et Daniel Choinière