Bienvenidos en Masachapa: Nicaragua

11°47’00,0″N. 86°31’00,0″W.  Vous avez parcouru 70 km et subi 253 virages depuis Managua, la capitale. Vous traversez quelques plantations de canne à sucre et arrivez au bout de la route. En face, c’est Port Moresby, capitale de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, à 14 196 km. Bienvenue à Masachapa, sur la côte Pacifique du Nicaragua.

Masachapa Plage vue genMasachapa est un village de pêcheurs assoupi à 150 mètres de l’océan Pacifique à marée basse ; à 25 mètres à marée haute ; encore plus près en cas de tsunami. À Masachapa, le temps s’est arrêté dans les années 1950, même si le village se donne des airs de station balnéaire pendant la Semana Santa, en avril.

Masachapa a une plage sans parasols ni chaises longues ; sans beach bums, sans gringos surfeurs ni blondes en bikini siliconé. On ne bronze pas sur la plage de Masachapa. On travaille. femme pèse poissonvente poisson bateauTous les matins à l’aurore, les chaloupes, ou lanchas, s’échouent sur le sable pour décharger leur pêche de la nuit. Tous les matins à l’aurore, le village attend, accourt et joue du coude pour acheter les meilleures prises. femme drôle poissons 4Tous les matins jusqu’à la grosse chaleur, les vendeuses à la taille généreuse nettoient, filètent, pèsent et vendent le pargo, la macarela, la corvina sur des étals rustiques recouverts de chaume de palmier. Tous les soirs au crépuscule, les lanchas reprennent le large pour pêcher le pain quotidien.

plage marée haute

négo pour poisson

 

La plage du village, c’est aussi la place du village. On vient y prendre les nouvelles ; on y vend des tamales dans des feuilles de bananier. Les jeunes y jouent au futbol les soirs de marée basse : les torses nus contre les maillots. Les amoureux y guettent le rayon vert dans le soleil qui se glisse comme une pièce sur l’horizon.

soccer plage 3

À Masachapa, la terre se fait toute petite devant la mer immense. Le Pacifique est une planète qui s’avance et se retire. À marée basse, ses eaux restent tranquilles au large. À la marée montante, la vague se gonfle, se cabre, déferle échevelée d’embruns et cascade dans une avalanche effervescente. La nuit, son tonnerre liquide envahit le silence absolu. Comme un torrent en crue qui roule ses roches.

Le Pacifique est source de vie à Masachapa et source d’inspiration pour Latitudes. Dans nos prochaines chroniques, nous vous inviterons à vivre quelques instants de la vie de ce fier peuple de la mer.

Bienvenidos en Masachapa.

 

texte et images © Michel Lopez